
Auparavant surtout connu pour ses boîtes de nuits fréquentées par les étrangers, Roppongi est devenu synonyme de richesse et de luxe. Pas à la manière sophistiquée de Ginza, qui est depuis longtemps le temple des grandes marques occidentales (auxquelles on doit de remarquables réalisations architecturales comme le superbe building Hermès de Renzo Piano) et des galeries dÂ’art «installées »,, symbole de ces nouveaux riches qui ont acquis une fortune rapide (et parfois éphémère comme lÂ’emblématique Horie), en particulier grâce au développement des nouvelles technologies. mais plutôt de façon assez « tape-à-l’œil » et « mÂ’as-tu vu »
Le mois de février 2007 a vu lÂ’inauguration du nouveau Musée National dÂ’Art. Fin mars, cÂ’était au nouveau complexe Tôkyô Midtown dÂ’ouvrir ses portes. Là encore, la démesure semble avoir été de mise, mais de manière peut-être un peu plus subtile cette fois, avec six édifices répartis sur 10 hectares au sein dÂ’espaces verts. LÂ’ensemble joue sur la rencontre de matières naturelles (bois, verdure) et de structures contemporaines, mais de facture au final une fois encore assez « classique » ; rien de bien excitant ou révolutionnaire, dans une ville qui nous a pourtant habitués aux projets les plus fous. Comme dans le reste du quartier, cÂ’est une débauche de boutiques de luxe, ces « brands » occidentales si prisées des Japonais, une succession de marques européennes déjà bien présentes sur dÂ’autres sites de la capitale japonaise. Le sous-sol est consacré à lÂ’alimentaire, avec de grands noms de la pâtisserie tel Sadaharu Aoki.
Le complexe ne se veut cependant pas uniquement à vocation commerciale. Il accueille le nouveau musée Suntory, dédié à lÂ’art traditionnel japonais. Malheureusement, le manque de temps ne mÂ’a pas permis de visiter le musée (le manque de courage aussi vu la foule Â…). LÂ’entrée du musée est peu engageante, et les critiques semblent mitigées sur sa conception interne et lÂ’étroitesse de son espace, mais attendons dÂ’avoir vu avant de nous faire une opinion définitive Â… De même, je nÂ’ai pu visiter le Fuji Film Square, qui proposait une exposition inaugurale au titre peu alléchant de « 200 Photographes Professionnels », ni surtout le nouveau « 21_21 Design Sight », premier centre entièrement dédié au design à Tôkyô et né de la collaboration entre Issey Miyake et Tadao Ando, une association plus que prometteuse. Des sujets pour de prochaines chroniques !

Je me suis donc contentée de lÂ’exposition inaugurale du centre de recherches sur le design. LÂ’exposition, intitulée Good Designdevrait plutôt être qualifiée de « présentation », car si elle témoigne de lÂ’excellence nippone en matière de design, elle démontre aussi une fois de plus lÂ’aspect souvent monotone des scénographies japonaises (un sujet sur lequel jÂ’aimerais également revenir plus tard Â…). Vous lÂ’aurez compris, le maître mot de Tokyo Midtown est donc « design » et il convient encore de citer lÂ’étage réservé aux boutiques de design un régal pour les amateurs.
Tokyo Midtown présente enfin simultanément dÂ’autres manifestations artistiques et culturelle : concerts de tous styles, lÂ’architecture ou bien sûr le design,expositions diverses (photographies sur le kabuki de Mick Rock plus connu pour ses clichés de pop stars ; intéressant espace Fuji Xerox ; Â…).
Valérie Douniaux
le 7 mai 2007